Tirez-vous pleinement parti des dividendes?

Initialement publié dans MoneySense

Janvier 2012

Épargner pour la retraite : REER ou CELI?

À l’approche de la date limite des REER, certains Canadiens se demandent si un CELI leur conviendrait mieux.

Autrefois, il était facile d’épargner pour la retraite. Les gens qui souhaitaient économiser de l’impôt n’avaient qu’un choix : le Régime enregistré d’épargne-retraite (REER). Il s’agit d’un excellent moyen d’épargner. Vous obtenez un remboursement d’impôt intéressant lorsque vous y cotisez et votre argent croît à l’abri de l’impôt jusqu’à ce qu’il soit retiré. En 2009, un nouvel instrument appelé compte d’épargne libre d’impôt (CELI) a fait son apparition et a soudainement compliqué l’épargne à long terme. Cette année, les droits de cotisation à un CELI de la plupart des Canadiens ont atteint 20 000 $. Le CELI devient donc un outil d’épargne important. À bien des égards, cet outil ressemble aux REER. Par contre, il est aussi très différent. Le choix du compte approprié pour le bon objectif d’épargne n’est pas facile.

Grâce à ces deux instruments, vos placements peuvent être à l’abri de l’impôt et, ainsi, votre patrimoine peut croître plus rapidement. Par contre, une différence importante est la clé du choix du compte à utiliser. Dans un REER, l’argent que vous versez croît en report d’impôt, ce qui vous permet généralement d’obtenir un remboursement d’impôt. Toutefois, bien des gens ne savent pas que les retraits effectués à un REER sont considérés comme un revenu et seront imposés. Les fonds que vous cotisez à un CELI sont imposés. Vous n’obtenez pas de remboursement d’impôt, mais vous n’avez pas à payer d’impôt sur vos retraits.

Pour cette raison, un CELI est généralement plus approprié si vous pensez que votre revenu sera plus élevé à l’année du retrait qu’à celle du dépôt. Inversement, un REER convient mieux si votre revenu est plus élevé lors de la cotisation qu’au moment du retrait.


À quel moment devriez-vous utiliser un CELI?

Les CELI offrent davantage de souplesse que les REER et sont donc généralement une meilleure option pour les jeunes Canadiens et pour les personnes qui souhaitent épargner à court terme, notamment en vue de l’achat d’une maison ou d’une voiture. Dans certains cas, ils peuvent aussi s’avérer le meilleur choix pour l’épargne-retraite.

Par exemple, de nombreux conseillers recommandent les CELI en tant qu’instrument d’épargne-retraite pour les personnes qui ont un taux d’imposition marginal plus faible. « En règle générale, si vous gagnez moins de 41 000 $ par année, vous serez gagnant à long terme avec un CELI », explique Marc Lamontagne, un conseiller à honoraires chez Ryan Lamontagne, à Ottawa. Le principal avantage est que l’argent retiré à la retraite n’est pas considéré comme un revenu. Vous n’avez donc pas à vous inquiéter de la récupération des prestations des régimes d’État, comme la Sécurité de la vieillesse (SV) ou le Supplément de revenu garanti (SRG).

Prenons par exemple Manon Renaud, une éducatrice en services de garde fictive de 30 ans en Ontario. Pour établir le coussin dont elle a besoin à la retraite, Mme Renaud souhaite épargner 5 000 $ par année jusqu’à 65 ans. Elle gagne 35 000 $ par année et se situe donc dans la tranche d’imposition de 20 % au moment des cotisations.

Devrait-elle cotiser à un CELI ou à un REER? Comme elle se situe dans une tranche d’imposition mois élevée au moment de ses cotisations, un CELI serait plus avantageux. Si nous utilisons un taux de rendement annuel de 6 % sur ses placements, son épargne-retraite vaudra 395 290 $ dans un CELI contre 383 270 $ dans un REER (si elle réinvestit son remboursement d’impôt dans son REER). Elle aura donc gagné 12 000 $ dans un CELI.

Les CELI sont aussi logiques pour les personnes qui ont un bon régime de retraite à prestations déterminées au travail, peu importe leur revenu. « Dans ce cas, il est presque toujours idéal de cotiser à un CELI plutôt qu’à un REER, souligne Al Feth, un conseiller à honoraires seulement de Waterloo, en Ontario. Les retraits obligatoires à un REER, qui commencent à 72 ans, pourraient vous propulser dans une tranche d’imposition supérieure et donner lieu à des récupérations à votre Régime de pensions du Canada (RPC) et à vos prestations SV. Vous n’aurez pas ce problème avec un CELI, car l’argent retiré à la retraite ne sera jamais imposé. »

De plus, si vous avez un revenu plus élevé et que vous croyez atteindre le plafond de cotisation au REER, un CELI peut être une excellente roue de secours.


À quel moment devriez-vous utiliser un REER?

Malgré la souplesse des CELI, les REER sont toujours le meilleur instrument d’épargne-retraite à long terme pour bien des Canadiens ayant un revenu supérieur à 50 000 $ dans les années où leur revenu est le plus élevé, soit la quarantaine et la cinquantaine.

N’oubliez pas que l’un des principaux avantages d’un REER est que la cotisation est libre d’impôt, mais que cela ne fonctionne que si vous réinvestissez le remboursement. Talbot Stevens, un spécialiste en matière d’éducation financière à London, en Ontario, souligne que bien des Canadiens prévoient malheureusement dépenser ce remboursement avant même de l’avoir reçu. « Ce n’est pas la chose à faire, spécialement s’il s’agit de dépenses improductives, comme un voyage ou des produits électroniques, précise M. Stevens. Pour profiter pleinement de ce régime, vous devez réinvestir votre remboursement chaque année dans le REER. »

Un autre avantage de l’utilisation d’un REER comme instrument d’épargne-retraite est principalement psychologique. Comme les retraits sont imposables, vous risquez moins d’en faire inutilement. « Bien des gens n’ont pas l’impression que les CELI se prêtent à l’épargne-retraite, ajoute M. Stevens. Ils sont plus liquides et plus vulnérables. Pour qu’un CELI fonctionne en tant qu’instrument d’épargne-retraite, vous devez faire preuve de discipline. »

Bien que ces règles s’appliquent généralement, on trouve toujours des exceptions. Un bon conseiller peut vous aider à prendre une décision adaptée à votre situation en vous montrant toutes les options.