Mudit Jain, premier vice-président, Conseils spécialisés à la Banque CIBC, affirme que les décisions relatives à l’affectation des liquidités excédentaires doivent commencer par un examen complet de la situation financière de la famille. La prise en compte des priorités à court terme et des objectifs à long terme permet de s’assurer que les décisions financières importantes sont en accord avec ce qui compte le plus.
« L’étape suivante consiste à comparer le rendement de votre argent », explique-t-il, ce qui implique généralement de comparer le taux hypothécaire actuel aux rendements prévus du marché.
« Si le remboursement d’un prêt hypothécaire vous garantit une réduction du montant des intérêts que vous paierez pendant la durée du prêt, vous devez toutefois le comparer aux rendements à long terme souvent plus élevés que vous pourriez obtenir avec un portefeuille diversifié de titres. »
Selon M. Jain, les incidences fiscales sont un autre facteur souvent négligé. Il explique que si les revenus après impôt utilisés pour rembourser la dette réduisent les frais d’intérêt hypothécaire, ces mêmes dollars investis dans un compte enregistré peuvent offrir des avantages fiscaux immédiats et à long terme.
Par exemple, la croissance exonérée d’impôt offerte par un CELI peut, dans certains cas, l’emporter sur les avantages d’un remboursement accéléré du prêt hypothécaire. L’approche optimale dépend toutefois non seulement de la situation fiscale de chaque personne, mais aussi de ses objectifs financiers généraux, de sa tolérance au risque, de son stade de vie et de l’ordre dans lequel il rembourse ses dettes et effectue ses placements.
« Comme toujours, il est important de consulter un spécialiste en services financiers pour bien comprendre les implications après impôt et déterminer la stratégie qui correspond le mieux à votre plan global », ajoute-t-il.
Bien que le paiement d’un prêt hypothécaire garantisse une réduction des frais d’intérêt pendant toute la durée du prêt, M. Jain souligne qu’il ne faut pas le considérer de manière isolée. Les dettes plus coûteuses, telles que les cartes de crédit, les prêts personnels ou les marges de crédit, peuvent justifier une priorité avant d’affecter des fonds supplémentaires au paiement anticipé d’un prêt hypothécaire.
M. Jain note que le facteur temps joue également un rôle important. Effectuer des paiements anticipés avant un renouvellement dans un contexte de taux élevés peut aider à réduire le choc des versements futurs, tandis que s’engager à effectuer des paiements agressifs lorsque les taux peuvent baisser peut limiter la flexibilité par la suite.
Il ajoute qu’il faut également tenir compte de la planification en matière d’assurance et de protection.
« Une couverture adéquate en matière d’assurance vie et invalidité peut accroître la préparation d’un ménage face à l’endettement, en le protégeant contre les perturbations de revenus et les événements imprévus de la vie, et en réduisant la pression d’éliminer rapidement un prêt hypothécaire avant de s’attaquer à d’autres priorités financières. »