Un nouveau roman, un nouveau titre universitaire : un coup d’œil aux femmes qui prennent leur retraite en main

Nancy Ripton

Toutes les femmes n’ont pas la même idée de la retraite. Pour Phyllis Smallman, la retraite était une période pour relaxer, explorer de nouveaux passe-temps et nouer des relations durables. C’était également une période pour démarrer une nouvelle carrière à temps partiel en tant qu’auteure de romans policiers.

Phyllis Smallman a travaillé dans un bureau de chantier pendant 40 ans avant de prendre sa retraite. C’est lors de son départ à la retraite, à l’âge de 61 ans, qu’elle a pris une plume. Un an plus tard, elle publiait son premier roman, Margarita Nights.

« Lorsque je n’ai plus eu besoin de travailler pour assurer ma survie, j’ai pu me concentrer sur ce que j’aimais », a déclaré Mme Smallman. À la retraite, elle a trouvé le temps d’explorer son art. Il s’est avéré que les gens ont aussi pris du plaisir à lire ses romans policiers.

En 2004, Phyllis Smallman a été finaliste dans la catégorie des prix Debut Dagger de la Crime Writers Association au Royaume-Uni. En 2007, elle avait déjà remporté le prix Arthur Ellis pour le meilleur premier roman policier non publié et elle avait été contactée par la maison d’édition McArthur & Company qui souhaitait publier son travail. Aujourd’hui, à 69 ans, Mme Smallman écrit son neuvième roman.

« La retraite a été pour moi une période où j’ai enfin eu le temps de m’adonner à ma passion », explique-t-elle. Et bien que la réussite de Mme Smallman en création puisse sembler un cas isolé, les études démontrent que d’autres vivent la même chose qu’elle.

Une femme dans une salle de classe lève la main

Ouvrir la voie à la liberté

Partout en Amérique du Nord, des femmes épargnent davantage tout au long de leur carrière afin de pouvoir profiter d’une liberté de création plus tard dans leur vie. Elles prennent des notes dans des salles de conférence, explorent de nouvelles philosophies, et fréquentent les bibliothèques et les musées.

Plus important encore, elles montrent au monde entier que la retraite est tout sauf monotone et qu’elle peut, au contraire, être une nouvelle source de joie de vivre.

De nos jours, 40 pour cent des universités canadiennes offrent des programmes qui visent essentiellement les adultes plus âgés. Selon le Dr Bill Kops, directeur de l’éducation à l’Université du Manitoba, qui écrit actuellement un livre sur l’éducation à la retraite, près de 80 pour cent des étudiants sont des femmes.

Les femmes s’inscrivent à des cours sur des sujets variés, comme la littérature, l’histoire de l’art, la neuroscience et les langues étrangères. Des cours qui, sans doute sans surprise, font salle comble. « Le nombre d’inscriptions a quadruplé au cours des sept dernières années », a déclaré le Dr Pychyl, directeur du Centre for Initiatives in Education de l’Université Carleton, au sujet de son programme.

Selon Dr Pychyl, investir dans un changement de mode de vie à la retraite, comme entreprendre des études ou pratiquer un nouveau passe-temps, n’est pas seulement intéressant; cela peut aider à améliorer la résistance mentale et physique. « Apprendre pour le plaisir, explique-t-il, n’a rien à voir avec maîtriser les rouages d’un travail que l’on fait depuis des années.

Apprendre de nouvelles choses permet d’améliorer la clarté mentale », indique-t-il.

Les découvertes du Dr Pychyl sont appuyées par une étude de 2016 de la Harvard Medical School, qui a révélé que le processus d’acquisition de nouvelles connaissances pouvait stimuler la croissance de cellules du cerveau, et ce, peu importe l’âge d’une personne. Selon cette étude, les gens qui ont la capacité d’apprendre quelque chose peuvent conserver d’excellentes aptitudes cognitives. Pour les gens plus âgés, cette découverte signifie également que l’expérience de la retraite peut être plus agréable.

Épargner pour la créativité

La liberté financière, bien entendu, peut être une arme à double tranchant. Si les femmes nord-américaines épargnent suffisamment d’argent pour profiter d’une retraite animée, elles passent aussi plus de temps au travail.

« Selon une étude menée par le Wall Street Journal, une femme sur sept travaille désormais après l’âge de 65 ans, et ce nombre devrait passer à une sur cinq d’ici 2024. Cette statistique tranche fortement avec celle qui avait été établie en 1992, alors que près d’une femme sur 12 travaillait après l’âge de 65 ans. »

Une femme est assise à son bureau, où il y a un ordinateur portatif, une lampe, des livres et de la nourriture

Bien que ces statistiques n’aient rien d’alarmant, les femmes peuvent en tenir compte au moment de planifier le cours d’histoire de l’art à la Renaissance qu’elles ont toujours souhaité suivre, ou la possibilité de s’attaquer à ce scénario à moitié achevé qui dort dans le tiroir depuis leur maîtrise en beaux-arts.

Bien que le choix que font certaines femmes de travailler au-delà de l’âge de 60 et 70 ans puisse être fondé sur un engagement professionnel ou sur la longévité, il peut également être le fruit de pressions financières, une situation plus répandue chez les femmes que chez les hommes. Selon le sondage Transamerica Retirement Survey 2016, la liberté financière avec laquelle les femmes amorcent la retraite diffère de celle qu’ont les hommes à la même période. En Amérique, un homme épargnera en moyenne 211 000 $ en vue de la retraite, tandis qu’une femme épargnera en moyenne 109 000 $.

Lorsque les femmes préparent la retraite de leurs rêves, il est important qu’elles ne laissent pas ces chiffres les inquiéter. Elles doivent plutôt se rappeler que la liberté de création n’est pas toujours aussi simple que de manier le pinceau. Bien souvent, il faut d’abord mettre de l’argent en banque pour peindre la retraite de luxe que l’on souhaite vivre.

Une femme tient une tablette

Tirer profit de la découverte de soi

Pour Mme Smallman, épargner tout au long de sa carrière lui a permis de trouver sa véritable vocation d’auteure. Même si ce n’est pas tout le monde qui connaîtra la célébrité à la retraite, la liberté financière peut permettre d’explorer de nouvelles idées et d’améliorer sa santé.

À l’heure actuelle, les femmes qui ont planifié les moyens dont elles disposent à leur retraite sont plus en mesure de vivre leurs passions créatives et intellectuelles avec la vitalité d’une personne qui est certaine que, pour elle, ce n’est que le début.


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