En trois jours seulement, Nancy A. Kiernan a su qu’elle était amoureuse.

Elle avait passé deux mois à voyager un peu partout en Équateur, dans la région des Andes et le long des plages de Salinas à la recherche de l’endroit qui allait toucher son cœur.

Elle est descendue de l’avion à Medellín, en Colombie et en moins d’une semaine, elle savait qu’elle avait trouvé sa destination retraite de rêve. « Bien que tous les lieux [en Équateur] que j’ai visités avaient quelque chose de spécial à offrir, je ne me sentais chez moi nulle part, a déclaré Mme Kiernan. La découverte de la Colombie est l’heureux hasard qui a changé ma vie. J’aime bien dire que je n’ai pas choisi la Colombie; c’est la Colombie qui m’a choisie. »

Grâce à son climat printanier tout au long de l’année, à ses soins de santé abordables de calibre mondial et à son coût de la vie peu élevé, la Colombie est reconnue comme l’un des endroits les plus populaires où prendre sa retraite. Elle figure au sixième rang de l’indice mondial des retraites annuel publié par International LivingUne nouvelle fenêtre s'affichera dans votre navigateur (en anglais seulement). Cinq autres pays d’Amérique latine figurent parmi les 10 meilleures destinations de l’indice mondial des retraites : le Panama, le Costa Rica, le Pérou, l’Équateur et le Mexique.

Bien que l’histoire de Nancy soit romantique, trouver l’endroit idéal où passer sa retraite n’est pas toujours aussi providentiel.

Tenez compte de tout et faites preuve de souplesse

L’Amérique latine attire les retraités du Canada et des États-Unis qui veulent fuir les hivers froids et faire durer leur épargne-retraite plus longtemps. Toutefois, il ne suffit pas de trouver 300 jours d’ensoleillement ou la destination parfaite pour avoir une retraite heureuse. Il faut aussi faire preuve de souplesse et être ouvert à un nouveau mode de vie dans une nouvelle culture.

La plupart des gens voudront habiter dans un endroit pendant quelques mois pour voir s’il leur convient et évaluer avec soin les aspects pratiques du pays, comme les options concernant les soins de santé, l’accès à la culture et aux services communautaires et la facilité avec laquelle ils pourront retourner vers le nord pour visiter leurs proches.

Cochez des éléments de votre liste

Nancy Kiernan a quitté son emploi en tant que dirigeante dans le domaine des soins de santé en 2012. Après avoir déménagé dans plus petit et entreposé ses biens, elle a voyagé un peu partout en Amérique latine à la recherche d’un endroit où s’installer pour les 10 à 15 prochaines années. Avant d’assister à une conférence d’International Living à Quito, en Équateur, la Colombie n’était même pas sur la liste de Nancy.

En entendant parler de Medellín, Nancy a réalisé que cette destination correspondait en tout point à ce qu’elle recherchait. Le « printemps éternel » de la ville était assurément un changement agréable au climat plus froid et rude de l’Amérique du Nord, mais bien d’autres éléments ont mené à sa décision de déménager à Medellín.

« Pour moi, Medellín est l’équilibre parfait entre un coût de la vie moindre et des conditions de vie propres aux pays industrialisés, comme d’excellents soins de santé, une richesse gastronomique, de l’eau courante potable et des services publics stables », précise-t-elle.

Elle ajoute que les activités culturelles, comme aller au théâtre et au cinéma, assister à des concerts et magasiner, ainsi que les vols directs vers le nord à partir de l’aéroport international sont d’autres avantages offerts par cette ville.

Commencez par habiter l’endroit qui vous intéresse

Gilles Le Maire souhaitait prendre sa retraite à l’extérieur de Montréal, au Québec, pour fuir les longs hivers canadiens, profiter d’un meilleur niveau de vie pour un coût moins élevé et réduire son impôt sur le revenu. Medellín était la destination tout indiquée.

Cependant, l’endroit n’était pas la première destination retraite en Amérique latine de cet ancien employé de la fonction publique fédérale du Canada. Ayant vécu à Mexico 20 ans auparavant, il avait décidé d’y retourner et d’y passer les sept premières années de sa retraite. Mais au bout du compte, Gilles souhaitait s’intégrer à une communauté d’expatriés plus active. C’est à Medellín qu’il l’a trouvée.

Gilles Le Maire conseille aux Canadiens qui envisagent de passer leur retraite en Amérique latine d’apprendre l’espagnol et de demeurer dans une ville pendant quelques mois. Selon lui, c’est la seule façon de se faire une idée précise de l’environnement et de voir s’il nous convient à long terme une fois la lune de miel terminée. Ne vous attentez pas à avoir le même mode de vie que celui que vous avez au Canada.

« C’est une autre culture, vous devez vous y adapter, dit-il. Ne vous attendez pas à retrouver, par exemple, la rapidité et l’efficacité que l’on retrouve au Canada. Vous devrez faire preuve de patience. Lorsque vous faites affaire avec des organisations privées ou gouvernementales, tout est plus long. »

Pour M. Le Maire, le fait de déjà connaître l’espagnol et de trouver un courtier immobilier de confiance lui a évité bien des casse-têtes. « Il faut aussi remplir beaucoup de documents, et une seule petite erreur peut vous obliger à tout recommencer », dit-il.

Il souligne qu’en Colombie, les exigences pour devenir courtier immobilier sont moins rigoureuses qu’au Canada et qu’aux États-Unis. Comme il n’y a pas de système de réglementation pour les courtiers immobiliers, il conseille aux gens de rechercher des courtiers dont les évaluations sont positives et de demander des recommandations à la communauté d’expatriés.

Trouver votre destination de rêve

Don Murray et sa femme Diane ont également trouvé leur destination retraite idéale après quelques essais. C’est à Riviera Maya, au Mexique, qu’ils se sont finalement installés après avoir demeuré dans une ville côtière en Équateur. Le couple étant habitué à profiter du soleil de la Floride toute l’année, le climat n’était pas leur seul critère de sélection.

Bien qu’en Équateur le coût de la vie soit peu élevé et que le climat soit tempéré, après seulement deux ans, le couple a décidé de déménager au Mexique pour profiter de meilleurs soins de santé et d’un niveau de vie plus élevé et pour être plus près des États-Unis.

« On prend rarement un seul critère en compte lorsqu’on choisit un partenaire de vie; c’est la même chose pour une destination retraite », déclare Don.

Bien que le couple soit déménagé après avoir découvert que l’Équateur ne répondait pas à toutes ses exigences, selon Don, pour avoir une retraite heureuse, il ne faut pas seulement s’attarder à la destination.

« La clé de votre réussite, c’est vous – ce n’est pas l’emplacement géographique que vous choisissez, précise-t-il. Vous devez être avide d’apprendre de nouvelles choses, et ce, dans tous les aspects de votre vie, par exemple, sur la structure sociale, la langue, la cuisine, la devise, les lois et les coutumes du pays. »

Profitez de votre nouvelle vie

Jim Santos et sa femme Rita ont quitté Cambridge, dans le Maryland pour emménager à Salinas, sur la côte du Pacifique de l’Équateur où il est possible d’acheter une maison sur le bord de la plage pour moins de 150 000 $. Dans la plupart des pays, le chauffage et la climatisation ne sont pas nécessaires. De plus, vous n’avez pas vraiment besoin d’une voiture, car un billet d’autobus coûte 0,30 $ et un trajet en taxi coûte de 2 $ à 5 $.

M. Santos recommande aux couples de s’assurer qu’ils sont sur la même longueur d’onde concernant leur vie d’expatrié à la retraite.

« L’expatrié accompli ne fuit pas une situation; il est avide de vivre de nouvelles expériences, déclare M. Santos. Il est important d’être flexible et de comprendre que votre vie va changer du tout au tout. Vous devez accepter que votre nouveau pays ne changera pas pour vous; c’est vous qui devrez changer. »

S’adapter à la retraite

De nombreux retraités en Amérique latine nous ont donné le conseil suivant : acceptez les nouveaux aspects de cette vie à l’étranger au lieu d’essayer de recréer la vie que vous aviez « à la maison ». « N’oubliez pas de tenir compte des dépenses associées à votre pays d’origine et des attentes à long terme des membres de votre famille », ajoute Nancy Kiernan.

Souvenez-vous que votre déménagement à l’étranger est aussi une transition pour votre famille et vos proches. N’attendez pas avant de leur parler de vos plans de retraite. Discutez de votre calendrier et tenez compte des visites que vous effectuerez à votre ancienne ville dans votre budget. Invitez votre famille à venir passer du temps dans votre nouvelle maison afin qu’ils puissent participer à la vie que vous avez créé à l’étranger.

L’endroit idéal pour prendre sa retraite n’est pas le même pour tout le monde. Au-delà du climat printanier tout au long de l’année et des propriétés abordables, il s’agit de savoir si ce nouvel endroit vous convient et si vous vous y adapterez.

Comme le dit Nancy Kiernan : « L’endroit parfait [pour prendre sa retraite] est là où vous vous sentez chez vous. »