Des amis de Vancouver troquent leurs mitaines contre un paradis en forêt

Sascha Zuger

Ce qui a commencé comme une série d’escapades pour fuir la grisaille de l’hiver s’est transformé en une belle aventure pour deux entrepreneurs canadiens dans la soixantaine, Cameron Watt, promoteur immobilier, et Stuart McPherson, financier.

Alors qu’ils approchaient de la retraite, les deux Vancouvérois se sont demandé s’ils pouvaient occuper cette « période dorée » à autre chose que flâner à la maison et lire tous les livres qu’ils n’avaient pu lire pendant leur carrière trépidante.

Et si cette période pouvait devenir un second chapitre de leur vie qu’ils écriraient eux-mêmes?

« En fait, nous avons pris la décision spontanément alors que nous étions en vacances ici il y a six ans, explique Cameron Watt. Nous avions toujours parlé de lancer une entreprise ensemble, et la beauté naturelle de Los Cabos nous a inspirés. »

Tout d’abord, les amis ont acquis un domaine de 25 acres, incroyablement pittoresque et encore intouché, niché dans les montagnes du désert, à l’extérieur de San José del Cabo. Ensuite, ils y ont mis leurs rêves, c’est-à-dire un restaurant et un hôtel, Acre BajaUne nouvelle fenêtre s’affichera dans votre navigateur..

« Nous avons d’abord concentré tous nos efforts sur l’ouverture du restaurant, afin de nous faire connaître et d’avoir un marché pour le volet hébergement, indique Cameron Watt. Par la suite, tout s’est mis en place de façon naturelle. Cela nous a permis de prendre des décisions en fonction de la façon dont les choses se déroulaient. Je ne comprends pas comment on peut élaborer un plan qui couvre absolument tout, et l’exécuter intégralement. Je sais que la plupart des gens procèdent ainsi, mais juste d’y penser, je me sens dépassé. »

La mixologue Danielle Tatarin, qui œuvrait au Keefer Bar, un établissement branché de Vancouver, s’est laissée charmer par l’endroit et elle y crée maintenant de magnifiques cocktails à partir des produits de la ferme et d’ingrédients mexicains exotiques. Le restaurant extérieur a ensuite pris de l’expansion, grâce au bouche-à-oreille et au partage des photos montrant les parterres verdoyants et les cocktails originaux, qui ont attiré les touristes et les gastronomes de la région, ravis de pouvoir manger sous la tonnelle formée de vignes illuminées, au son du jazz joué par les musiciens sur place.

Une chef fait des pâtes dans la cuisine de Acre Baja.
Chambre perchée dans un arbre à Acre Baja.

En 2017, la dernière étape du projet a été réalisée : une oasis formée de maisons haut de gamme perchées dans les arbres et pouvant accueillir deux personnes chacune. Les douze pavillons, dont deux sont reliés par un pont suspendu, sont des plus prisés. Pendant les vacances et les week-ends de haute saison, ils sont réservés des mois à l’avance. Surf, plongée, observation de baleines et golf, les activités ne manquent pas dans la région. Mais nul besoin de quitter la propriété pour profiter d’un massage au bord de la piscine ou faire de la randonnée dans les splendides collines.

Chaque nuitée comprend un cours de yoga en plein air le matin et un cours de cuisine ou de botanique en après-midi, donnés par des experts de l’hôtel. Ainsi, par un bel après-midi, il est possible d’apprendre avec Danielle Tatarin l’art de préparer un cocktail ou de déguster un mezcal produit par une ferme locale, accompagné d’une tranche de pamplemousse enrobée de sel et de poudre de grillons. Le lendemain, vous pourriez rencontrer les chefs Kevin Luzande ou Oscar Torres, qui vous feront visiter la ferme et vous montreront comment cueillir les choux de Bruxelles ou traire une chèvre naine du Nigéria.

Lorsqu’on lui demande quel conseil il donnerait aux Canadiens qui envisagent une retraite tropicale plus active, Cameron Watt affirme que tout dépend du niveau de souplesse de chacun.

« Je crois que cela dépend vraiment de votre personnalité et de votre capacité à suivre le courant, explique-t-il. Et je ne suggérerais une telle retraite qu’à ceux qui ont vraiment un fort esprit d’entrepreneuriat! »

Cameron Watt et Stuart McPherson en sont la preuve : il est possible de voir la vie étape par étape. Planifier et épargner quand on est plus jeunes peut ouvrir bien des portes plus tard. Certains épargnent simplement pour pouvoir s’offrir une vie de loisirs dans un pays où le coût de la vie est moindre. D’autres cherchent à relever le défi de lancer un nouveau projet qu’ils nourriront et feront croître, et qui non seulement leur offrira une source supplémentaire de revenus dans l’immédiat, mais leur permettra aussi éventuellement de bâtir un héritage et de transmettre un patrimoine important à la prochaine génération. Peu importe comment cela se traduit, lorsqu’elle est bien planifiée, la retraite peut s’ouvrir sur une toute nouvelle liberté.

pLes opinions exprimées sont celles de l’auteur, pas nécessairement celles de la Banque CIBC ou de ses partenaires.


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