Il s’agit certes d’une solution largement commercialisée aujourd’hui, mais dans une entreprise soumise à une réglementation stricte comme la nôtre, permettre à un tiers d’accéder à des données et à des enregistrements audio de réunions potentiellement sensibles est tout simplement hors de question. À cette fin, nous avons créé notre propre assistant virtuel Teams qui peut se joindre à une réunion et prendre des notes. Ce processus a été simplifié pour aboutir à l’interface la plus intuitive et conviviale possible. La valeur ajoutée pour l’entreprise est évidente : gain de temps, meilleure mémorisation, moins d’actions oubliées. Et, tout aussi important, nous disposons désormais d’une capacité de transcription et de synthèse qui s’intègre en toute sécurité à notre environnement et qui est réutilisable ailleurs. Sur le plan culturel, il s’agit d’un changement d’habitudes à l’échelle de toute l’équipe : les réunions sont désormais envisagées comme un travail collaboratif plutôt que comme de simples séances de prise de notes.
Tout cela en une seule année civile. Avec la bonne plateforme et un état d’esprit d’ingénieur, on peut entrevoir les possibilités et comprendre à quel moment la réutilisation des services devient essentielle pour évoluer efficacement et rapidement. Le fil conducteur de chacun de ces cas d’utilisation est un trio délibéré : un véritable problème métier qui mérite d’être résolu, une plateforme technologique qui nous permet de le résoudre en toute sécurité et de manière répétée et une culture d’entreprise qui encourage les membres de l’équipe à repenser leur propre travail et à partager le résultat. Si l’on supprime l’un ou l’autre de ces trois prérequis, les autres cessent de se renforcer mutuellement. Consultez d’autres exemples de cas récents d’utilisation de l’IAC de la Banque CIBC (PDF, 195 ko) Une nouvelle fenêtre s’affichera..
Nous souhaitons maintenant aborder la question des données, car il s’agit sans doute de l’un des aspects les plus importants, mais aussi les plus négligés, du déploiement à grande échelle de l’IA générative au sein d’une grande entreprise. En tant que responsable de la plateforme, cela a été une expérience extraordinaire de déployer un projet d’une telle envergure et de le voir prendre son envol au sein de toute l’organisation. Mais comment jauger le succès? Quels sont les indicateurs clés de performance et comment faut-il les mesurer? Il ne suffit pas de savoir qu’on utilise le produit. Il faut tout savoir : le qui, le quoi, le pourquoi, le quand, le comment et, surtout, le coût de tout ça.
Chacun de nos produits intègre d’emblée des fonctionnalités d’analyse approfondie, sans aucun compromis. Dans un contexte où tout fonctionne selon un modèle strict de consommation, on ne peut avancer à l’aveuglette. Mais bien que le coût soit clairement un facteur important, il est loin d’être le seul qui compte. Savoir qui utilise chaque produit et de quelle manière constitue également une information précieuse lorsqu’on cherche à concevoir des solutions plus spécialisées. La solution générique offre facilement un gain de productivité de l’ordre de 10 % dans la plupart des cas, mais si l’on peut atteindre 50 % en la personnalisant, pourquoi s’en priver si la banque possède la masse critique nécessaire et que les avantages directs sont mesurables?
À cette fin, nous avons créé un produit de données contenant plus de deux ans d’information approfondie sur nos utilisateurs, des données pilotes aux données de production. Nous avons utilisé ces données non seulement pour calculer les tendances d’utilisation quotidiennes, suivre les coûts et analyser l’utilisation des fonctionnalités, mais aussi pour établir un score d’aptitude IA pour chaque employé qui utilise notre logiciel. La maîtrise de l’IA est importante, car l’adoption n’est pas le résultat souhaité... les résultats sont le résultat souhaité. Une équipe qui maîtrise parfaitement un outil ne se contente pas de l’utiliser; elle repense son organisation de travail en fonction de celui-ci, ce qui se répercute à terme sur l’expérience client, la productivité et la croissance.
La maîtrise se mesure comme suit :
- Débutant : N’est pas familier avec les outils d’IA; possède un minimum d’expérience et une compréhension de base
- Intermédiaire : À l’aise avec les principes de base de l’IA et utilise les outils plus régulièrement
- Praticien : Utilisateur régulier et efficace de l’IA qui applique des solutions à des tâches réelles
- Expert (cible clé) : Hautement compétent, tire le maximum des fonctions d’IA et favorise l’innovation
- Professeur : Leader et mentor en IA, établit des pratiques exemplaires et guide les autres
Tous les employés n’évoluent pas au même rythme, et ils n’intègrent pas non plus l’IA dans leur quotidien professionnel de la même manière. L’une des découvertes les plus intéressantes, mais tout aussi frustrantes, a été l’absence totale de tout modèle discernable du parcours d’un employé vers la maîtrise de l’intelligence artificielle. Le niveau hiérarchique, le poste, l’âge, le sexe ou le lieu de travail des salariés n'ont révélé aucune tendance commune. Le seul point commun que l’on observe est que, tous secteurs d'activité confondus, la courbe de maîtrise présente une forme en cloche très similaire. Notre utilisateur le plus assidu de la plateforme, mesuré simplement par la consommation, était un étudiant en stage coopératif. Le numéro deux était un directeur principal. Nous comptons des professeurs issus de tous les secteurs d’activité et à tous les niveaux de l’organisation, ce qui signifie une chose essentielle : cette technologie a le potentiel d’accompagner littéralement n’importe quel employé, jusqu’au PDG.
La partie de loin la plus difficile de notre mission, c’est de faire en sorte que tout le monde l’utilise de la même manière. La technologie est un jeu d’enfant comparée au changement des comportements.
À cette fin, nous avons conçu un réseau de champions du changement en matière d’intelligence artificielle, conçu spécialement pour diffuser les apprentissages et les connaissances à l’échelle de l’organisation. Nous avons mis en place un réseau de plus de 1 000 de nos employés les plus expérimentés et nous en avons fait un moteur de changement en leur donnant les moyens de former leurs collègues au sein de leurs services respectifs. Ce réseau des champions est l’infrastructure culturelle qui rend tout le reste reproductible : la composante du modèle opérationnel qui transforme un flux de travail repensé dans un service de la Banque en un flux de travail repensé dans un autre, sans que l’équipe chargée de la plateforme ait à intervenir dans chaque discussion. C’est ainsi qu’on déploie l’IA, selon un processus entièrement basé sur les données.
Une plateforme qui résout de vrais problèmes d’affaires, une infrastructure technologique qui permet de construire une fois et de réutiliser à l’infini et une culture où les membres de l’équipe repensent leur propre travail et s’entraident à faire de même : voilà à quoi ressemble pour nous une année de croissance exponentielle. C’est aussi le modèle de fonctionnement que nous avons l’intention de maintenir. Les cas d’utilisation continueront d’affluer, la courbe de maîtrise continuera d’évoluer et le Réseau des champions continuera de transformer les avancées individuelles en pratiques communes. C’est la plateforme que nous avons décidé de bâtir et que nous continuons de bâtir chaque jour.