Il faut prendre en considération de nombreux facteurs au moment de faire des choix de placements, notamment le rendement potentiel, la catégorie d’actif, le niveau de risque et la diversification du portefeuille. Toutefois, il ne faut pas non plus oublier le montant d’impôt qu’il y aura à payer, souvent négligé. 

Même si l’incidence fiscale n’est pas une préoccupation immédiate pour ce qui est de l’épargne à l’abri de l’impôt, c’est un facteur important dont il faut tenir compte dans le choix d’un produit d’épargne autre qu’un CELI, un REER, un FERR, un REEE ou un REEI, car les revenus en intérêts, les dividendes et les gains en capital réalisés sont tous assujettis à l’impôt annuel. 

Ainsi, si vous gagnez plus de 144 500 $ (2017) par année, ou si vous avez un facteur d’équivalence élevé provenant d’un régime de retraite d’employeur, le plafond annuel de cotisation à un REER peut vous empêcher d’épargner le montant dont vous avez besoin pour produire un revenu de retraite adéquat uniquement au moyen d’un REER.

Pour les Canadiens ayant un revenu élevé, même des objectifs modestes de revenu de retraite, par exemple 70 % de leur revenu avant retraite, peuvent être difficiles à atteindre uniquement au moyen d’un REER. Il est fort probable que vous compterez en partie sur un CELI ou de l’épargne non enregistrée pour maintenir le mode de vie que vous souhaitez avoir à la retraite et c’est ici que l’incidence du fisc est importante. Dans le cas de l’épargne non enregistrée, le rendement du capital investi après impôts est fondamental, car c’est ce montant que vous conservez. 

Trois stratégies vous aideront à réduire vos impôts, à obtenir des rendements supérieurs au taux d’inflation et à vous rapprocher de la réalisation de vos objectifs financiers.

1. Adopter une approche intégrée

La première étape que vous devez suivre pour atteindre l’efficacité fiscale est de tenir compte de tous vos actifs au moment d’établir votre stratégie financière. Cela comprend l’épargne enregistrée et non enregistrée (y compris les CELI), les régimes de retraite offerts par les employeurs, vos biens immobiliers, la valeur de rachat d’une assurance vie, les actifs commerciaux ainsi que les actifs, les ressources et l’épargne de votre conjoint. 

Cette approche intégrée de la planification permet d’équilibrer différents besoins financiers. Ainsi, une approche intégrée tient compte autant de l’avantage qu’il y a à cotiser régulièrement à un CELI ou à un régime d’épargne-retraite pour tirer parti de la croissance des placements à l’abri de l’impôt, que de celui qu’il y a à rembourser un prêt hypothécaire ou une dette pour lesquels le paiement de l’intérêt n’est pas déductible d’impôt. 

Une approche intégrée signifie aussi que vous faites une certaine planification afin de déterminer l’impôt que vous pourriez devoir payer une fois à la retraite et prenez les mesures nécessaires pour réduire cet impôt. Il pourrait, par exemple, être approprié d’établir un REER de conjoint ou une fiducie au bénéfice de votre famille.

2. Tirer le maximum de vos placements dans un portefeuille enregistré ou non enregistré

Après avoir choisi la répartition appropriée de l’actif (espèces, titres à revenu fixe et actions), arrangez vos placements selon la manière la plus efficace du point de vue fiscal. Par exemple : 

Vous devriez garder dans vos REER ou CELI les placements les plus lourdement imposés ou ceux qui offrent une possibilité faible ou nulle de reporter l’impôt s’ils sont détenus hors d’un CELI, d’un REER ou d’un FERR. En voici des exemples : 

  • CPG ordinaires, CPG indiciels et CPG liés au marché. 
  • Bons du Trésor, obligations ordinaires et obligations à coupons détachés (qui sont pleinement imposés chaque année comme un revenu d’intérêts, même si aucun revenu annuel n’est perçu).
  • Fonds du marché monétaire. 
  • Placements activement négociés (vous préférerez peut-être détenir les placements axés sur la rotation sectorielle, les placements momentum et tout autre placement activement négocié à l’intérieur d’un CELI ou d’un REER pour que les gains en capital réalisés chaque année ne soient pas imposés. Toutefois, selon votre situation et en fonction des autres titres détenus, ces placements peuvent sembler trop risqués. Par ailleurs, vous perdriez l’avantage au point de vue fiscal d’utiliser les pertes en capital pour contrebalancer les gains. Enfin, veillez à ce que le montant des opérations effectuées dans votre CELI ne fasse pas en sorte que l’Agence du revenu du Canada considère que votre CELI sert à l’exploitation d’une entreprise.)  

Cependant, faites attention à propos de la retenue d’impôt étranger pour les titres étrangers détenus dans un compte enregistré. Si vous détenez des actions étrangères dans un compte non enregistré, vous pouvez demander un crédit d’impôt étranger pour le montant de l’impôt retenu sur votre impôt à payer au Canada. Toutefois, si le dividende étranger est versé dans un compte enregistré, vous ne pouvez récupérer la retenue d’impôt étranger et aucun crédit n’est disponible. La convention fiscale intervenue entre les États-Unis et le Canada exempte les dividendes américains d’impôt à la source lorsque ceux-ci sont versés dans un REER ou un FERR. Comme cet allégement ne s’applique pas à un CELI ou à un REEE, il vaut mieux conserver les titres américains produisant des dividendes dans un REER.

Outre des CELI et des REER, pensez à des placements imposés à des taux plus faibles ou offrant la possibilité de reporter l’impôt. En voici des exemples :

  • Les fonds communs de placement en actions axés sur la croissance qui génèrent principalement des gains en capital, dont seulement 50 % sont imposables. 
  • Les actions privilégiées et autres placements qui génèrent des dividendes admissibles au crédit d’impôt pour dividende de source canadienne. 
  • Les placements axés sur la croissance, que l’on achète en vue de les détenir à long terme pour maximiser le report de l’impôt (p ex., fonds d’actions intéressants axés sur la croissance et la valeur). 
  • Certains fonds communs de placement qui s’efforcent de produire des distributions efficaces sur le plan fiscal, telles que des distributions constituées de dividendes, des gains en capital et des remboursements de capital. 


3. Détenir et reporter

Une fois que vous avez établi un portefeuille d’actions bien diversifié, gardez-le à long terme afin que puissent être reportés les gains en capital et les impôts. Cette stratégie présente, entre autres, les avantages suivants :

  • Accroissement de la capitalisation à imposition différée. Les gains en capital accumulés servent de capital supplémentaire sur lequel vous pouvez gagner de l’argent à un taux avant impôt. 
  • Taux d’imposition plus faible à l’avenir. Non seulement l’impôt sur les gains en capital est reporté, mais il peut être moins lourd à l’avenir (si les taux baissent ou si vous passez à une tranche d’imposition inférieure). 
  • Tendance moindre à acheter à prix élevé et à vendre à prix bas. Beaucoup de Canadiens achètent à prix élevé et vendent à prix bas, ce qui réduit considérablement la croissance de leurs portefeuilles. Les études montrent que la synchronisation des marchés est en général inefficace et fonctionne rarement. 
  • Éviter les commissions et les coûts liés aux opérations. La seule garantie que présentent les opérations fréquentes est que vous payez plus de commissions, de frais des fonds à frais d’acquisition et d’autres coûts d’opération. 

Les avantages de cette stratégie devaient être comparés régulièrement aux perspectives de placement dans le cas des placements individuels. Les renseignements contenus dans le présent article sont de nature générale. Obtenez les conseils d’un fiscaliste au sujet de votre situation personnelle.

Les opinions exprimées sont celles de l’auteur, pas nécessairement celles de la Banque CIBC ou de ses partenaires.