Épargner en vue de la retraite : les placements enregistrés et non enregistrés

Puisque seulement 50 % des gains en capital sont imposables, certains planificateurs financiers remettent en question les avantages des REER et suggèrent aux Canadiens d’investir leur pécule de retraite dans des placements non enregistrés. Le choix entre un placement REER ou non est devenu l’un des débats les plus populaires dans la communauté financière.

Les détracteurs des REER indiquent le fait que les retraits des REER sont intégralement imposés au titre de revenus à un taux pouvant atteindre 49 %, tandis que les gains en capital sont imposés à la moitié du taux d’imposition du particulier (compte tenu de la prise en compte dans le revenu de 50 % seulement de leur montant). Certains conseillers financiers recommandent donc, afin d’obtenir principalement des gains en capital et de bénéficier ainsi d’un taux d’imposition moins élevé, d’investir hors REER dans un portefeuille diversifié d’actions et de fonds communs à faible capitalisation ou axés sur la croissance, et de les conserver longtemps pour maximiser les bénéfices du report d’impôt.

Une stratégie d’épargne appropriée doit toutefois tenir compte de facteurs quantitatifs et qualitatifs. Sur le plan quantitatif, il est généralement possible de conclure que si le particulier souhaite :

  • réinvestir dans son REER le remboursement d’impôt obtenu grâce à ses cotisations REER, le REER s’avère plus favorable;
  • réinvestir dans des placements non enregistrés le remboursement d’impôt, le REER s’avère plus favorable;
  • utiliser son remboursement d’impôt pour diminuer une dette non déductible du revenu (p. ex., un prêt hypothécaire), le REER s’avérera probablement plus favorable;
  • dépenser son remboursement d’impôt, investir dans des actions dans un régime non enregistré sera probablement plus favorable.

D’après ces scénarios, le REER reste donc la meilleure solution pour la plupart des gens. En effet, si l’on considère les intérêts composés à impôt différé de tous les types de revenus provenant d’un REER, il est difficile d’accumuler dans un régime non enregistré un montant supérieur à celui que l’on peut obtenir dans un plan enregistré au fil du temps.

Cela dit, le rendement d’un régime enregistré, comparativement à celui d’un régime non enregistré, variera en fonction des caractéristiques propres à chaque épargnant, telles que le rendement attendu et son taux d’imposition marginal, maintenant et à la retraite. Les récentes modifications fiscales permettent désormais aux retraités de plus de 65 ans de transférer jusqu’à 50 % de leur FERR et de leurs autres revenus de pension dans le régime de leur conjoint de droit ou de fait. Ce type de fractionnement de revenu peut potentiellement diminuer considérablement leurs impôts. Les particuliers doivent examiner différents scénarios, en fonction de leur situation personnelle, afin de déterminer quelle est la meilleure solution pour eux d’un point de vue quantitatif.

Les investisseurs peuvent considérer le CELI dans leur planification financière. Un compte d’épargne libre d’impôt (CELI) est un type de régime enregistré qui permet aux Canadiens d’épargner des fonds sans avoir à payer des impôts sur le revenu généré.

Ils doivent aussi considérer les facteurs qualitatifs, comme la tolérance au risque, la connaissance en placement et la capacité ou le désir de gérer eux-mêmes leurs placements. Prenez en compte le fait que les changements se produisant dans la situation personnelle ou professionnelle d’une personne influeront sur le choix des types de produits les plus appropriés compte tenu de ses objectifs.


Régimes non enregistrés et REER : le meilleur des deux mondes

Les Canadiens misent plus que jamais sur une combinaison de placements enregistrés et de placements non enregistrés pour constituer leur pécule de retraite.

Bien sûr, il est toujours plus avantageux d’un point de vue fiscal, lorsque l’on détient à la fois des actifs enregistrés et des actifs non enregistrés, de structurer ses placements de façon à détenir dans un REER ceux qui produisent des intérêts et hors REER ceux qui produisent des gains en capital. Il pourrait ainsi être intéressant de composer ses portefeuilles comme suit :


Placements hors REER :

  • actions de croissance et fonds communs de placement en actions;
  • fonds indiciels, dont le taux de rotation est peu élevé (de même que les frais de gestion); il est préférable de choisir des fonds indiciels liés à des titres matériels, afin d’obtenir des gains en capital, plutôt que des fonds indiciels liés à des instruments dérivés, dont les gains sont entièrement imposables en tant que revenu ordinaire.

REER :

  • obligations et autres titres à revenu fixe;
  • fonds communs de placement et portefeuilles en actions sous gestion active (aucune incidence fiscale lorsque les titres sont négociés);
  • versement du remboursement d’impôt en tant que cotisation l’année suivante, afin de maximiser le report d’impôt.


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