Comment épargner pour votre moi du futur : confrontez les démons qui sommeillent en vous

Amy Klein

Nous avons tendance à vouloir éviter la peur. Marcher seul dans une forêt sombre? Non, merci. Être le passager dans une voiture de course qui roule à 250 km/h? Mieux vaut laisser cela aux experts.

Pourtant, bien qu’elle existe pour nous prévenir d’un danger imminent, la peur peut également être source de possibilités. Quand un être humain est confronté à quelque chose d’effrayant, il profite aussi souvent d’une occasion de croissance.

Il peut être bouleversant de déménager à l’autre bout du pays, de commencer un nouvel emploi ou de partir à l’aventure en eaux profondes. Cependant, ces moments sont souvent les plus exaltants et gratifiants dans la vie d’une personne. En fait, nous sommes prêts à parier que plus une situation fait peur, plus elle sera gratifiante au bout du compte.

L’acceptation et la liberté

Selon la Dre Jelena Kecmanovic, psychologue clinicienne du Behavior Therapy Institute à Arlington, en Virginie, bien des gens se concentrent sur le présent pour éviter de se rendre anxieux en pensant à demain.

« L’idée même de penser à quelque chose de désagréable, comme ne pas avoir d’argent plus tard ou prendre sa retraite, peut provoquer de l’anxiété, explique Mme Kecmanovic. Nous évitons donc la question pour ne pas ressentir [la peur]. »

Un homme et une femme font du jogging et portent un sac à dos

« Le problème, comme nous le savons tous, c’est que s’enfuir de l’avenir ne fait pas disparaître ce dernier. Pour combattre cette peur sociale, Mme Kecmanovic et son équipe se sont concentrées sur une question centrale : Comment les gens peuvent-ils affronter leur avenir afin de l’améliorer? »

Dans sa pratique, Mme Kecmanovic a introduit un type de thérapie appelé « thérapie d’acceptation et d’engagement ». Cette approche aide les patients à se sentir plus à l’aise par rapport aux émotions, pensées, souvenirs et sensations physiques qui leur sont désagréables. Au lieu d’enrayer les émotions difficiles, la thérapie d’acceptation et d’engagement propose aux gens d’accepter leurs pensées et leurs sentiments, et d’apprendre à ne pas y surréagir et à cesser de les éviter.

« Nous demandons aux patients de tenir compte des sentiments négatifs, indique Mme Kecmanovic. Que ressentent-ils dans leur corps? Est-ce qu’ils ont un nœud dans l’estomac, le cœur qui bat la chamade ou la gorge qui devient sèche? » 

Avec Mme Kecmanovic, les patients apprennent à composer avec ces expressions physiques de l’anxiété, sans toutefois les juger. Plus les patients arrivent à composer avec leur anxiété, plus ils sont à l’aise.

Les patients apprennent enfin qu’accepter cette anxiété initiale est sans danger et tout à fait tolérable. Pour de nombreuses personnes, la thérapie d’acceptation et d’engagement est plus qu’un outil psychologique; il s’agit d’un symbole de courage qui les accompagnera au cours de leur prochaine aventure – et vous pouvez vous aussi en profiter.

Un couple se regarde dans un miroir et la femme tient une fleur

Aussi doux qu’une rose

L’une des tactiques qu’emploie Mme Kecmanovic lors de la thérapie d’acceptation et d’engagement est d’encourager ses patients à rendre leurs pensées et leurs sentiments moins intimidants.

Prenons par exemple les mots « vieillissement », « retraite » et « épargne », qui ont tendance à rendre les patients très anxieux. Mme Kecmanovic leur demande de dire ces mots une centaine de fois à voix haute. Parfois, elle leur demande de les chanter ou de les dire d’une drôle de voix. En plus d’ajouter une touche d’humour à un concept jusque-là effrayant, l’exercice contribue à atténuer l’association négative.

« Nous voulons que les patients confrontent [ces mots], aient des pensées qui leur font peur, les examinent et les abordent », ajoute-t-elle. Soudainement, le monstre sous votre lit commence à ressembler davantage à un ami à qui vous pouvez décrire vos rêves les plus fous.


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