Depuis longtemps, le passage de l’enfance à l’âge adulte est associé au début des études postsecondaires. Malgré ça, aujourd’hui, de nombreux parents continuent à s’impliquer très activement dans la vie de leur enfant, notamment en choisissant leurs cours, en assistant à leurs entretiens d’embauche ou même en contestant leurs notes d’université.

En dépit de leurs meilleures intentions, les « parents hélicoptères » limitent les occasions pour leurs jeunes adultes d’acquérir les compétences nécessaires à leur indépendance et leur débrouillardise, selon une recherche parue dans le Journal of Adolescence. En outre, une recherche du Journal of Developmental Psychology parue en 2018 a révélé que lorsque les parents tentent de contrôler une trop grande partie de la vie de leur enfant, ils peuvent nuire à la capacité de celui-ci à gérer ses émotions ou ses comportements.

À mesure qu’un adolescent franchit différentes étapes de sa vie, le rôle d’un parent évolue, selon Cheryl Bradshaw, psychothérapeute autorisée en activité à Waterdown, en Ontario, et auteure du livre The Resilience Workbook for Teens.  « Lorsqu’ils deviennent de plus en plus indépendants, notre rôle de parent consiste à agir à titre de parent accompagnateur et guide, plutôt que comme parent autoritaire » affirme-t-elle.

Si votre enfant est sur le point d’entamer des études postsecondaires, voici quelques conseils pour le soutenir et le préparer à faire face au monde, sans trop vous imposer.

1) La littératie financière constitue une compétence essentielle

La Dre Shimi Kang, psychiatre établie à Vancouver, affirme que la littératie financière constitue une compétence essentielle dans la vie à tout âge, et tout particulièrement à l’âge de fréquenter l’école postsecondaire.

« Les erreurs sont inévitables sur la route qui mène à la maîtrise, alors oui, les erreurs financières surviennent et doivent survenir. Il est mieux de les commettre tôt dans la vie. Proposez à votre adolescent d’établir un budget hebdomadaire, mensuel ou annuel et de le revoir avec lui. Demandez-lui la permission avant de lui donner des conseils, et émettez ensuite vos suggestions » soutient-elle.

« Il est probable que des erreurs se produiront, et la meilleure approche est de laisser votre enfant en subir les conséquences plutôt que de les corriger pour lui ». Dites-lui « J’imagine que tu devras te passer de ta sortie de la fin de semaine ou du restaurant jusqu’à ce que tu aies amassé assez d’argent ».

2) Facilitez la transition

« Préparez votre enfant à déménager et à entamer ses études postsecondaires en normalisant ce à quoi il peut s’attendre au début de l’année scolaire. » ajoute Mme Bradshaw. Parlez-lui des défis courants : la nostalgie, le fait d’être éloigné de ses amis proches et la pression liée aux examens et aux travaux scolaires.

Il est important de mettre l’accent sur le soin de soi-même et la gestion du stress. Apprenez-lui des techniques de pleine conscience afin de l’aider à réagir aux facteurs de stress qui se déclenchent quand il est seul.

Les exercices de respiration et de méditation constituent un excellent point de départ. Les choses simples sur lesquelles il peut se concentrer, comme la prise de conscience de ses inspirations et expirations, peuvent le mettre à l’aise et l’apaiser quand la pression de l’école devient insoutenable.

La concentration sur le moment présent constitue un autre exercice de réflexion qui apaise l’esprit quand il est dépassé. Encouragez votre enfant à solliciter tous ses sens en prenant quelques instants pour remarquer trois choses qu’il voit, trois choses qu’il entend et trois choses qu’il peut toucher. Demandez-lui de répéter l’exercice, cette fois-ci en remarquant deux choses, et ensuite encore une fois en remarquant une chose. Cela permet à l’esprit de se ressourcer et de se concentrer sur la tâche à accomplir.

3) Rappelez-lui que vous êtes toujours là pour l’appuyer

Selon la Dre Kang, même si les adolescents peuvent ressembler à des adultes, il ne faut pas s’attendre à ce qu’ils agissent comme des adultes.

« Nous devons admettre que le cerveau humain ne finit pas de mûrir avant la mi-vingtaine. Les adolescents ont toujours besoin du soutien et des conseils de leurs parents. Mais ce n’est pas du tout la même chose qu’un parent hélicoptère. Nous devons les laisser prendre les rênes et encourager leur indépendance » affirme-t-elle.

« En contrepartie, nous ne pouvons estimer avoir fini notre travail pour être ensuite totalement permissif ou aucunement impliqué. Il existe de nombreux problèmes de santé mentale sur les campus. Nous devons trouver un équilibre et maintenir la communication. Nos enfants doivent savoir qu’ils peuvent compter sur nous et qu’ils peuvent s’adresser à quelqu’un s’ils se sentent dépassés ou déprimés » ajoute-t-elle.

La Dre Kang estime que si les parents ne communiquent pas avec leurs enfants à une fréquence quotidienne, ces derniers doivent savoir qu’ils doivent les appeler si un problème survient. Elle indique aussi la possibilité d’organiser un appel par Skype toutes les semaines pour établir une routine de communication continue.

« Des conversations de ce genre donnent un sentiment de confiance. Quand nous pensons que nos enfants sont incapables, ils le sont en toute probabilité. » renchérit-elle.

« C’est comme apprendre à marcher. Vous leur tenez la main au début et ensuite vous les laissez aller et vous les encouragez. Ils peuvent tomber ou se tromper, mais c’est ainsi qu’ils apprennent » déclare Mme Bradshaw.

« Nous devons apprendre à composer avec nos propres peurs, car ce n’est pas toujours le cas. Notre rôle est de les soutenir et de les guider, non pas de s’imposer et de faire les choses à leur place ».

« Essayez d’encourager vos enfants à prendre ces mesures par eux-mêmes. Ne prenez pas les rendez-vous avec le médecin et n’effectuez pas les opérations bancaires à leur place. Encouragez-les plutôt à le faire en leur montrant comment et quand, sans effectuer tout le travail à leur place. »

Le départ du domicile pour entamer les études postsecondaires représente une grande étape de la vie des parents et des enfants. En soutenant votre enfant et en le munissant d’outils pour renforcer sa confiance, vous lui permettrez de prendre son envol par lui-même tout en gardant le contact.