Selon l’économie traditionnelle, les êtres humains sont censés être plutôt réfléchis quand il est question d’argent. Certaines théories prétendent que nous évaluons attentivement toutes nos décisions en examinant les points positifs et négatifs des options qui s’offrent à nous. Le domaine en pleine expansion de l’économie comportementale émet cependant des réserves quant à ces théories. Nous pourrions être disposés envers la satisfaction immédiate et si nous effectuons quelques calculs - chose que nous ne faisons généralement pas - nous sommes enclins à les ignorer de toute manière.

Alors, quelles erreurs principales les Canadiens commettent-ils quand il est question de leurs finances?  En voici cinq à reconnaître et à éviter.

Votre fil d’actualité pourrait-il vous nuire?

Nous vivons à l’ère d’Instagram et d’imitation de nos voisins, nous avons peur de manquer quelque chose et nous devons faire tout ce que nous désirons, car nous ne vivons qu’une fois. Il n’y a aucun mal à parcourir à l’occasion votre fil d’actualité quotidien, mais ce faisant, vous avez tendance à vous concentrer sur ce que vous n’avez pas, plutôt que sur l’amélioration de votre situation financière dès maintenant. Malheureusement, il est rare de voir sur les médias sociaux des conseils sur la façon de tirer pleinement profit de votre REER ou sur le fait que le versement d’un tel montant à votre prêt hypothécaire tous les jours pourrait vous permettre de rembourser plus rapidement cette dette et d’économiser des centaines, voire des milliers de dollars. Pourquoi ne pas effectuer une petite visite sur le site Web de votre banque tous les matins cette semaine? Utilisez sa calculatrice pour découvrir comment vous pouvez épargner plus d’argent et vous débarrasser de vos dettes rapidement.

Sensation de fatigue? Reportez les grosses décisions à plus tard.

Vous allez magasiner une nouvelle auto ou vous devez prendre une décision importante un vendredi soir, après une lourde semaine de travail. Réfléchissez-y bien. Votre capacité cognitive est probablement amoindrie à la fin d’une longue journée ou semaine ponctuée de prises de décisions. Quand votre réservoir mental est épuisé, vous êtes enclin à choisir l’option facile, ce qui n’est pas dans l’intérêt fondamental de votre compte bancaire ni de votre avenir. Sinon, le processus peut simplement vous submerger. 

Imaginez un juge pour un instant. Il représente l’incarnation de la rationalité, n’est-ce pas? Croiriez-vous qu’il est lui aussi susceptible d’être affamé et fâché et que ses décisions sont influencées par la fatigue? Une étude portant sur les juges qui examinent les demandes de libération conditionnelle a révélé que si vous vous présentez devant le juge tôt le matin, vous avez 65 % de chances d’obtenir une décision favorable. Mais, ce chiffre dégringole parfois à 0 % peu avant midi, pour ensuite remonter à 65 % après le lunch. Ce n’était pas seulement le ventre du juge qui était vide. L’étude suggérait que sa capacité de prise de décision était pleine et avait besoin d’être régénérée par la nourriture et par une pause.

Quelle est la leçon à retenir? Prenez une pause avant de prendre des décisions importantes. Répartissez le processus sur deux ou trois rendez-vous et visez les fins de semaine ou les jours où vous n’êtes pas mentalement épuisés.

Chiffres trompeurs

Examinons rapidement un exemple. Imaginez que vous magasinez en vue d’acheter une nouvelle lampe? Vous dénichez la perle rare dans un magasin de votre quartier. Elle coûte 50 $, ce qui est un prix équitable, et vous vous apprêtez à l’acheter quand une amie vous tape sur l’épaule. Elle vous indique que si vous allez au magasin de l’autre côté de la rue, la même lampe est en vente à 25 $. Iriez-vous?

Deux semaines après, vous et votre famille magasinez un téléviseur à écran géant. Vous avez parcouru toutes les options et vous avez déniché celui qui vous convient. Il est coûteux, mais le prix de 1 250 $ est raisonnable. Au moment où vous vous apprêtez à payer, la même amie vous tape à nouveau sur l’épaule. Elle vous annonce que le même modèle de téléviseur est en vente dans un magasin de l’autre côté de la rue à 1 225 $. Y allez-vous?

Je ne sais pas quelle serait votre réponse, mais la majorité des gens traverseraient la rue pour acheter la lampe, mais pas pour acheter le téléviseur. Pourquoi? L’économie est de 25 $ dans les deux exemples. Mais, dans le cas de la lampe, la plupart d’entre nous font un calcul rapide et une économie de 50 % est irrésistible. Dans le cas du téléviseur, la plupart d’entre nous ne sortiront pas notre calculatrice, car nous savons que 25 $ exprimé en pourcentage du prix total est très bas.  

Vous devez porter attention à chaque dollar et à chaque point de pourcentage quand il est question de votre vie financière. Quand vous négociez votre prêt hypothécaire ou un taux de CPG, un quart de point de pourcentage peut vous sembler peu, mais au fil du temps cet écart peut vous permettre d’accumuler beaucoup d’argent. Qu’en est-il du rendement de vos placements ou des frais que vous déboursez pour obtenir des conseils? Évaluez toujours le pourcentage et le montant total en dollars afin d’être conscient de cette erreur de comptabilité mentale.

Sauter les calculs

Est-il vrai que 10 $ par jour ne représentent pas grand-chose? Mais, si vous épargnez ce montant à long terme et que vous laissez les intérêts composés travailler pour vous, à combien pourrait s’élever ce montant?  

Si vous épargnez 10 $ par jour en accumulant 5 % d’intérêt sur 10 ans, vous obtiendriez un total de 49 174 $. Sur 15 ans vous auriez accumulé 83 646 $ et sur 20 ans la cagnotte s’élèverait à 127 643 $Une nouvelle fenêtre s'affichera dans votre navigateur..  

Je suis un peu maniaque des chiffres, mais c’est amusant de jouer avec ceux-ci.

Voyager sans votre GPS financier

Si je fais un voyage routier, je ne prends jamais le volant sans me fier à mon système GPS. Même si le terrain m’est familier, le GPS calcule le meilleur chemin et l’heure prévue d’arrivée à destination, et il me prévient s’il y a des embouteillages ou d’autres heurts du genre. Si je tourne au mauvais endroit, il refait tous les calculs pour moi (et je ne me sens jamais mal à ce sujet non plus). Considérez un professionnel tel qu’un spécialiste en services financiers comme votre GPS financier. Il vous aide à établir des objectifs pécuniaires, il travaille avec vous à la mise au point d’un plan qui vous permettra de les atteindre, il trace le meilleur chemin pour y arriver et il vous prodigue des conseils quand la vie vous pose des défis imprévus.

Grâce à une certaine prise de conscience et à l’aide d’un professionnel, vous pouvez surmonter ces défis et améliorer votre situation financière. Trinquons à votre prospérité!