À la retraite, Bob et Arlene Stamp prennent des repas avec leurs amis, s’occupent de la maison et profitent du grand air de la Colombie-Britannique.

Les Stamp savourent une vie enrichie socialement, et ils le doivent au cohabitat.

La manière dont fonctionne le cohabitat

Le cohabitat a été développé au Danemark dans les années 60 et exporté au Canada trente ans plus tard. Le concept du cohabitat est de choisir de vivre avec des personnes aux vues similaires aux nôtres dans un ensemble résidentiel très uni. Souvent, l’ensemble résidentiel ressemble à de petits immeubles à unités (ou en copropriété) ou à un ensemble de petits immeubles d’appartements. Les résidents vivent dans leur propre unité privée, mais partagent certains espaces et certaines ressources.

« Le cœur de notre communauté est l’aire commune », dit Bob Stamp. À cet endroit, les résidents de la communauté de 31 unités HarboursideUne nouvelle fenêtre s'affichera dans votre navigateur (en anglais seulement), située à Sooke en Colombie-Britannique, se rassemblent pour manger une soupe les jeudis midi, prendre le brunch du dimanche, boire le café du lundi matin, participer à des soirées de cinéma, à des repas-partage et à d’autres activités.

L’aire commune contient également des chambres d’invité pour les visiteurs et un espace pour un concierge résidant sur place, en cas de nécessité. Le groupe de résidents assigne les tâches à des équipes; les membres peuvent s’occuper d’un jardin, effectuer de petits travaux d’entretien ou faire des tâches administratives. Souvent, ils aiment participer parce que cela leur permet de rester occupés physiquement et mentalement. Pendant ce temps, ils travaillent en si proche collaboration de façon continue que leur dernière assemblée générale annuelle n’a duré que neuf minutes.

Les Stamp ont joint Harbourside en 2014 après avoir décidé de ne pas aller dans une résidence pour retraités.

« Nous avions l’impression de nous retirer de la vie », dit Arlene Stamp. Ils ont vendu leur appartement en copropriété et ont acheté une unité de 800 pieds carrés comprenant deux chambres à Harbourside.

« Nous n’avons pas passé beaucoup de temps à nous demander si c’était la meilleure option pour nous financièrement et à nous en inquiéter. Nous avons davantage pris de temps pour établir si c’était la meilleure option pour nous sur le plan social », dit Bob.

Leur argent leur a permis d’acheter beaucoup plus qu’un endroit où vivre. Alors qu’ils se décriraient eux-mêmes à un plus jeune âge comme des personnes plus solitaires ou privées, Bob et Arlene s’épanouissent au sein de leur communauté. « Il ne tient qu’à nous de décider de notre participation au groupe. J’ai réalisé que je pouvais avoir le niveau de vie privée dont je pensais avoir besoin. Mais, pour vous dire la vérité, la communauté est tellement plus plaisante; je passe beaucoup plus de temps avec d’autres personnes que je l’aurais imaginé », dit Arlene.

« Je pense que j’ai plus d’amis maintenant qu’à n’importe quelle période de ma vie, juste ici dans cette communauté de 45 personnes », ajoute Bob.

Nouveaux modèles d’habitation au Canada

Cheryl Gladu est une chercheuse et doctorante de l’Université ConcordiaUne nouvelle fenêtre s'affichera dans votre navigateur (en anglais seulement) à Montréal qui étudie le cohabitat. Elle dénombre environ 35 cohabitats au Canada, y compris ceux déjà construits et ceux en construction, et elle dénote une petite hausse de ces projets au cours des dernières années.

Madame Gladu indique que le cohabitat est la solution idéale pour les personnes qui veulent rester branchées à leur communauté et aux autres personnes.

« (Les retraités) ont une très bonne idée de ce qu’ils veulent. Ils veulent demeurer en santé et actifs », dit Charles Durrett, un architecte américain qui, avec son épouse Kathryn McCamant, a inventé le terme « cohousing » (cohabitat). Il est également l’auteur de « Senior cohousing: A Community Approach to Independent Living », un livre qui explique les tenants et aboutissants de ce mode de vie.

La communauté à la maison

Les Stamp se considèrent chanceux d’avoir trouvé Harbourside, un endroit où ils ont à la fois leur indépendance et le contact avec la communauté.

« La qualité de votre vie quotidienne est un élément très important à considérer », dit Arlene. Si un résident de Harbourside doit se faire conduire chez le médecin pour un rendez-vous, il lui suffit d’envoyer un message pour recevoir plusieurs offres d’aide en quelques minutes.

Les Stamp n’auraient pas pu offrir ou recevoir ce type de soutien dans un immeuble en copropriété ou dans une résidence pour retraités. Bien qu’ils savent qu’ils n’auront pas la forme pour rester à Harbourside pour toujours, ils sont reconnaissants de pouvoir vivre les meilleures années de leur retraite dans une communauté solidaire.

Lors de la planification de la retraite, plusieurs personnes pensent d’abord à réduire la grandeur de leur propriété ou leur prêt hypothécaire en passant d’une maison à un appartement en copropriété. Le cohabitat n’est habituellement pas moins dispendieux; les acheteurs paient les taux moyens du marché et doivent prendre en compte les frais de copropriété. Mais il procure aux acheteurs quelque chose qu’ils ne peuvent pas obtenir dans un environnement de copropriété : la communauté.

« Vivre dans un appartement en copropriété peut contribuer à (l’isolement) », dit Bob. « Cela ne pourrait être plus différent à Harbourside », ajoute Arlene. « Nous avons une communauté bienveillante; lorsque les choses tournent mal, elle se met en œuvre pour nous aider. »